Les Carrières d'Euville
Histoire
Les carrières d’Euville ont été ouvertes pour exploiter deux grandes lentilles de calcaire à entroques. Les premières sont signalées dans les registres de compte des receveurs de la seigneurie de Commercy dès le XVIème siècle.

Euville n’a jamais été un village de carriers, mais un village d’agriculteurs. C’est pourtant bien aux carrières, exploitées par les entrepreneurs parisiens Fèvre et Civet-Pommier qu’elle doit sa prospérité depuis le XIXème siècle. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une carrière ouverte. Située à l’écart du village, au lieu-dit Euville-Carrières, propriété de la commune d’Euville, elle est exploitée par la société ROCAMAT et, de ce fait non visitable sans guide.
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| Le village début 1900 | La place du village début 1900 |
La reconnaissance
Vers 1845, s’ouvrent en Meuse les chantiers du canal de la Marne au Rhin. Les études préliminaires permettent aux ingénieurs des Ponts et Chaussées chargés du projet de reconnaître les qualités techniques de la pierre d’Euville. C’est une pierre non gélive qui résiste bien à l’écrasement. Elle est de ce fait particulièrement adaptée aux socles et soubassements ainsi qu’aux ouvrages d’art tels que les ponts, canaux, écluses...
Les carrières d’Euville, comme toutes les autres carrières autour de Commercy, sont réquisitionnées pour fournir la pierre nécessaire à la construction des ouvrages d’art (pont-canal, tunnel de Mauvages, chaînes d’écluses, maisons éclusières…). Le canal est ouvert à la navigation de Strasbourg à Paris dès 1853.
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Alors que le chantier n'est pas encore achevé, un second projet voit le jour : la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg. Là encore, les études préliminaires signalent les qualités techniques de la pierre d'Euville qui est retenue pour la construction de bon nombre d'ouvrages. Ces projets contribuent largement à asseoir la répuitation de la Pierre d'Euville auprès des professionnels au moment où le baron Hausmann lance ses premiers chantiers.
À Paris, la demande sans cesse croissante de pierre des chantiers hausmanniens et l’impossibilité pour les carrières d’Île de France d’y faire face, poussent des négociants parisiens à chercher ailleurs les matériaux dont ils ont besoin .
Le déclin
Si on enregistre une forte reprise des ventes après 1914, due en grande partie aux chantiers de reconstruction, la concurrence toujours plus forte du béton et les préconisations des architectes dans la mouvance du Bauhaus ou de Le Corbusier, entraîne un rapide déclin des activités à Euville comme à Lérouville.
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Les utilisations

Très dur et non gélif, le calcaire d’Euville est particulièrement adapté aux socles et soubasGéologie et pements ainsi qu’aux ouvrages d’art tels que les ponts, canaux, écluses...
Le développement des voies de communication provoqué par la révolution industrielle, et les grands travaux parisiens du préfet Haussmann, sont les bases sur lesquelles la pierre d’Euville assoira sa renommée mondiale.
De 1840 à 1846 , les carrières sont réquisitionnées pour la construction du canal de la Marne au Rhin, une nouvelle carrière est ouverte pour la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg.
A partir de 1860 on trouve de la pierre d’Euville dans de très nombreux monuments parisiens (Petit Palais, gare de l’est...) et aussi en Allemagne à Francfort (théâtre), en Belgique (Palais Royal de Bruxelles, banque nationale...), et jusqu’à New-York et Buenos-Aires.
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Le village
Dés la fin du 19ème siècle, l’exploitation
de la pierre d’Euville a pris une telle ampleur qu’un
véritable village est né, avec sa place,
son école, ses restaurants, ses bars… En 1920, le village Euville
carrières
rassemblait plus de 600 habitants.

Les habitants d'Euville-carrière

La place du village

L'école du village
Les exploitants
A la fin du 19ème siècle,
la société Civet Pommier & Cie devient le premier
emplyeur du Pays de Commercy avec plus de 1500 personnes vers 1890.

A
Euville, la compagnie emploie en permanence 600 personnes, : carriers,
tailleurs de pierre, mécaniciens...autant que sa copncurrente la
société Fèvre & Cie qui exploite la
carrière communale.

Les carriers
Dans les carrières Fèvre, plus
de 1500 carriers y travaillaient chaque jour.

Parmi eux, plus de la moitié
était français, essentiellement meusiens ; l’autre moitié
était des
ouvriers étrangers : Espagnols, Portugais, Yougoslaves,
Allemands, Russes,
Grecs mais surtout Italiens (plus d’un
tiers).

Le vie des carriers
L’embauche
se faisait à 6h, même en hiver, grâce à l’éclairage
électrique des chantiers. La
pause de midi fut rendue obligatoire pour contraindre les carriers à la
tâche à
s’arrêter.

La plupart des
carriers prenaient leur repas sur le chantier. Vers 10h
le mousse allumait le feu et récupérait les gamelles des compagnons.
Chaque
chantier avait un abri, murs de moellons et toit de planches où se
réfugiaient
les carriers en cas d’intempérie.

Il faudra attendre
1947 pour que la société
FEVRE mette un réfectoire à la disposition de ses ouvriers. Plusieurs
cantines
fonctionnaient à proximité des carrières. Les carriers français
découvrirent la pollenta , plat principal
des communautés italiennes qui avaient leurs propres élevages de
poules, de
lapins, de cochons et même quelques chèvres. La
journée de travail se teminait à
18h00.

