Les Carrières d'Euville
En bref...en presque
Un lieu chargé d'Histoire
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Les carrières
d’Euville ont été ouvertes pour exploiter deux grandes lentilles d’un calcaire
de grande qualité. Les premières traces d’exploitation sont signalées dans les
registres de compte des receveurs de la seigneurie de Commercy dès le 15ème
siècle. Mais cette pierre a dû être exploitée bien avant.
Jusqu’au milieu
du XIXème siècle, l’aire de diffusion de la pierre d’Euville est circonscrite à
un rayon d’une cinquantaine de kilomètres pour des raisons de coût de
transport. Les
études préliminaires aux grands chantiers du canal de la Marne au Rhin
et de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg mettent en avant
les qualités techniques de la pierre
d’Euville. C’est une pierre non gélive qui résiste bien à l’écrasement.
Grâce
aux nouveaux moyens de transport, péniches et trains, elle sera
massivement
utilisée à Paris, pour les chantiers haussmanniens
puis, après la mise en service de canal de l’Est, à Bruxelles.
Au début du
siècle dernier, un peu plus de 2000 ouvriers travaillent dans les carrières. Un
véritable village avec ses cités ouvrières, ses économats, son école se met en
place au sein même des carrières. La période 1880 – 1910 est l’âge d'or des
carrières d’Euville. La pierre est exportée dans le monde entier. À Paris, on
la retrouve à l’Opéra, au Sacré-Cœur, au Louvre (partie édifiée après 1870),
aux Grand et Petit Palais, dans les gares de l’Est, du Nord, d’Orsay…
Aujourd’hui, la société ROCAMAT qui a repris l’activité et les actifs des sociétés Fèvre et Civet, Pommier & Cie, emploie cinq personnes à l’extraction dans une unique carrière à Euville. La pierre continue à être envoyée partout dans le monde (New-York, Japon, Serbie…). Les ateliers d’Euville ont été abandonnés à l’été 1991 afin de recentrer toute la production sur un site unique à Lérouville qui a fermé ses portes en 2008.
Un paysage alliant le minéral au végétal
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L’exploitation
d’une carrière marque profondément un paysage. Le couvert végétal est rasé, les
couches rocheuses situées au dessus de la roche convoitée sont enlevées et
entassées, dans les trous d’exploitation ou sur les côtés, formant des
monticules structurés appelés à Euville des cavaliers. Un paysage nouveau est
progressivement modelé. Mais l’exploitation d’une carrière a, comme toute
chose, un début et une fin.
Dés l’arrêt de l’exploitation, la
végétation se réinstalle. Au début, le cortège floristique est essentiellement
composé de mousses, de lichens et de quelques graminées adaptées à ce type de
milieu. Très rapidement, des arbres pionniers viennent s’ajouter à ce cortège. A
Euville, les premiers arbres apparaissant après l’exploitation sont des pins
(planté après guerre dans certaines parcelles proche des carrières et qui ont
un lieu approprié à leur développement), des bouleaux, des trembles et des
saules marsault. Les arbres s’implantent dans les fissures des roches et les
élargissent. La roche mise à nue par le travail des carriers est peu à peu
recouvert d’une fine couche de sol. Un paysage étrange se met en place à partir
d’une base minérale : un sol essentiellement composé de calcaire fissuré,
des monticules artificiels recouvert d’une végétation plus ou moins dense, de
grandes parois rocheuses, d’énormes galeries d’extraction, des grands
« cirques » partiellement rebouchés.
Ce milieu
qui naît de l’exploitation de la roche, devient peu à peu un milieu de vie
riche et diversifié. Il accueille de nombreuses espèces appréciant les
environnements ouverts, chauds et secs. Diverses espèces végétales (orchidées,
campanules, thym serpolet, origan, ibéris, poivre des murailles…) s’installent
en bordure de chemins ou à même la roche. Des animaux thermophiles colonisent
tous les types de milieu offerts par la carrière : lézard des murailles,
coronelle lisse, vipère aspic, criquet, grillon, oedipode turquoise… D’autres
exploitent les fissures présentes dans les grandes parois rocheuses ou les
galeries : le hibou grand duc, la corneille, les chauves-souris… Certains
animaux de la forêt proche y trouvent des caches et des terriers à l’exemple du
renard.
La forêt
est une composante du site. Elle était présente avant l’extraction et reste
dominante dans le paysage. Elle abrite une faune et une flore typique des
forêts de plateau calcaire.
L’implantation
du hameau des carrières a également marqué le paysage du site. La création de
jardins a amenées toutes sortes de plantes horticoles. La construction
d’habitations (aujourd’hui en grande partie démolies) au pied ou sur les
cavaliers a nécessité des travaux de terrassement qui ont créé des instabilités
propice à l’installation d’une certaine flore.
Un site industriel et technique remarquable
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Les carrières sont des lieux d’innovations techniques. L’exploitation
des carrières s’est développée grâce à une mécanisation poussée des techniques
d’extraction. A la fin du 19ème siècle, apparaissent sur les chantiers des
trancheuses à vapeur puis électriques ainsi que des perforatrices. Les lourds
chariots attelés à sept ou huit chevaux sont remplacés par des wagons plats sur
des voies ferrées. Dès 1907, les carrières d’Euville sont reliées aux ports du
canal de l’Est et à la gare d’expédition de Sorcy par une voie ferrée de
De nombreux outils et machines sont restées sur place après le départ des équipes de ROCAMAT en 1991. Sur le site de la grande carrière, deux ponts roulants, deux scies à cadre (MH), des wagonnets sont toujours présents. La forge a été complétée par une collection d’outils et de machines.
Un lieu d'animations et de Culture Scientifique et Technique
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Dans le cadre du schéma local de développement touristique
du pays de Commercy, le site de
Dans les années 90, le site s'est développé grâce à des séjours labellisés "classe patrimoine" en partenariat avec la DRAC, mais la réduction des subventions et le manque de demandes de classes a réduit cette activité. Des animations à la journée ont alors été proposées qui connaissent une fréquentation stable d’une année sur l’autre. Aujourd’hui, la proposition de nouvelles animations et notamment d’une animation à destination des collèges a permis, en augmentant notre offre, de faire progresser la demande. Le site accueille en moyenne 2000 collégiens et 500 élèves de primaires. Afin de l’équipe d’animation et d’en pérenniser les postes, de nouvelles actions ont été mises en place sur la base de nouveaux partenariats. Le service d’animations intervient en tant que prestataire sur le territoire « Espace Naturel Sensible - Terre de Lorraine » du Conseil Général de Meurthe et Moselle à la hauteur, cette année, de 400 animations. Cela a permis en l’espace de 2 ans de recruter deux animatrices supplémentaires à temps partiel. Des animations en partenariat avec le PnrL dans le cadre du projet « Connais ton parc » sont réalisées chaque année et permet de compléter le poste d’une animatrice recrutée en 2007. La conception d’animations et d’expositions est devenue une composante majeure du travail de l’équipe. Depuis 2005, une exposition en lien avec de la fête de la science et proposée chaque année sur des thèmes variés et installée soit dans l’atelier des carrières soit à Commercy. Depuis 2008, le site a reçu la labellisation « Culture Scientifique et Technique » et est membre du réseau Hubert Curien (CST Lorraine).
Un site en plein renaissance
Le départ des ouvriers de ROCAMAT a laissé vides des bâtiments qui ont déjà en partie été réaménagés. En 2002, un espace a été créé au sein du grand atelier pour permettre l’accueil de tailleurs de pierre et de public. Une salle pédagogique et des commodités (WC, douches, vestiaires) ont été réalisées dans l’espace attenant au grand atelier. Les projets actuels visent à la création de nouvelles salles pédagogiques, d’une salle de projection, d’espaces muséographique, de spectacle et de restauration, ainsi que des bureaux.








